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Accueil MODEF / Agenda et Actus / L'actu agricole départementale / Elections : Invitation à lire entre les lignes de la FDSEA

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Elections : Invitation à lire entre les lignes de la FDSEA

Le quotidien Sud-Ouest, daté du 21 décembre, a publié une large interview de Dominique GRACIET, président sortant de la chambre d'agriculture (départementale et régionale) et candidat à sa propre succession. Nous allons ici reprendre quelques uns de ces propos et nous permettre d’y apporter nos propres commentaires.

« On pèse pour amener des revenus »

Dans les discours, les responsables FDSEA font volontairement la confusion entre « apporter des volumes de production » et « amener du revenu aux agriculteurs ». Cela laisse supposer qu'en produisant toujours plus, on gagne plus. Or, dans la plupart des cas, les gains de compétitivité sont captés par l'aval (transformation et distribution). En réalité, les producteurs sont tenus d’augmenter les volumes produits pour maintenir leur niveau de revenu.

L'exemple de l'IGP est ici éloquent. La période minimale de gavage a été ramenée de 12 à 10 jours. Mais immédiatement, les acheteurs s'appuient sur cette économie (2 jours de gavage) pour justifier la non augmentation des prix de reprise aux producteurs.

« On a gagné du pouvoir de décision »

Qu'est ce qu'ont gagné les producteurs de volailles et palmipèdes ? L'indexation des prix sur le coût alimentaire. L'indexation c'est bien, mais elle ne prend pas en compte toutes les hausses de coûts de production : énergie et autres charges de structures.

Si la concentration des entreprises a vraiment accru le pouvoir de décision des landais, comment expliquer que la grande distribution n'a répercuté que la moitié des hausses ? Pourquoi faut-il que « nos entreprises » -comme aiment à les qualifier les premiers responsables de la FDSEA- fassent tampon entre la grande distribution et les producteurs ? Et si on y réfléchit, les 10 millions financés par « nos entreprises », au titre de ces indexations d'où viennent ils sinon du travail des producteurs ?

Le prix du lait et de la viande

« Le lait et la viande ne permettent pas de rémunérer le travail. C'est inquiétant » déclare le président de la chambre d'agriculture.

C’est d’autant plus inquiétant que, dans le lait, ce sont notamment les exploitations qui ont agrandi les troupeaux et lourdement investi qui se retrouvent sans revenu. Ce sont les études très précises sur les coûts de production, conduites par les services de la chambre d’agriculture, qui le montrent (Cf. les informations agricoles du 12/10/2012). Les récents investisseurs qui produisent en moyenne 739.000 litres ne dégagent que 0,2 Smic de rémunération du travail alors qu’ils y consacrent en moyenne 2,9 unités de travail. Les plus efficaces économiquement produisent 428.000 litres (un peu moins que la moyenne de l’ensemble du groupe qui est de 495.000 litres). Ils rémunèrent leur travail à hauteur de 1,6 Smic pour 1,7 unité de travail. Et la production moyenne par vache (8.574 l/VL) de ce groupe est supérieure à celle des récents investisseurs (7.929 l/VL) ainsi qu’à la moyenne de l’ensemble de l’échantillon (7.864 l/VL).

La SAU landaise diminue

« Les Landes ont perdu 11.000 ha de SAU ». Ce chiffre (- 10.800 ha exactement entre 2000 et 2010) est incontestable, il est tiré de l’analyse des RGA de 2010 et 2000. Mais ce que les responsables de la FDSEA passent sous silence c’est le fait que ce solde négatif est la résultante de deux phénomènes opposés : pendant que les petites et moyennes exploitations ont perdu 23.600 ha, les grandes exploitations se sont agrandi de 12.800 ha !

Petites Moyennes Grandes Ensemble
- 7.600 ha - 16.000 ha + 12.800 ha - 10.800 ha

Source : Sriset-Draaf

Pour la FDSEA, pointer du doigt la concentration foncière dans les mains des plus grandes exploitations serait suicidaire. Les 397 exploitations de plus de 100 ha ont accru leur SAU de 17.000 ha (entre 2000 et 2010).

« Il est inconcevable de ne pas prévoir de nouveaux défrichements ». Il est évidemment plus stratège d’en rester au diagnostic de perte globale de la SAU pour « LA » ferme Landes et de réclamer de pouvoir compenser cette réduction par des défrichements.

Le MODEF est d’accord pour recourir aux défrichements dans le but d’installer des jeunes sur des exploitations de taille raisonnable ou bien de compenser les petites et moyennes exploitations qui perdent des terrains en raison de l’urbanisation ou l’artificialisation (infrastructures). En revanche, si c’est pour poursuivre la l’agrandissement foncier de ceux qui sont déjà bien lotis, le MODEF n’est pas d’accord.

L'installation des jeunes

Selon le président de la chambre, il y aurait toujours autant d’agriculteurs de moins de 40 ans qui s’installent mais moins seraient aidés.

Nous assistons ici à un changement radical de discours. Jusqu’à présent l’analyse du CDJA, partagée par le président du comité d’orientation de la transmission et de l’installation (COTI), nous semblait plus crédible : la difficulté pour les jeunes d’accéder au foncier. Et pour cause ! La concurrence avec les plus grands exploitants est vive.

Le MODEF craint que les perspectives de revenu sur les exploitations d’élevage et les petites exploitations ne dissuadent bon nombre de jeunes de vivre exclusivement du métier. S’ils le peuvent, ils gardent les terres pour cultiver des productions végétales tout en exerçant une activité professionnelle extérieure.

Quelques jeunes arrivent tout de même à obtenir quelques hectares et s’installent notamment en maraîchage. La chambre d’agriculture qui a repris le centre d’élaboration des projets de professionnalisation (phase préalable à l’installation) a pour mission d’accompagner les jeunes. Pourtant, malgré la demande pressante du Civam bio et du Modef, les dirigeants de la chambre ont refusé d’intégrer dans le dispositif les deux techniciennes spécialisées en maraîchage bio. Cela démontre la très faible volonté de fédérer toutes les forces vives agricoles pour relever le défi d’installer plus de jeunes.

Candidat à sa propre succession

Plusieurs observateurs ne sentaient pas Dominique GRACIET motivé pour un 3e mandat de président de la chambre d'agriculture. Peut-être a t-il un instant caressé le désir de se consacrer un peu plus à la composante de son exploitation située au Maroc ? Aujourd’hui, cela ne doit pas être facile vu ses nombreuses responsabilités1. Mais les tensions internes au sein de la FDSEA et entre FDSEA et CDJA pourraient l’avoir conduit à se raviser. Surtout qu’il a fallu faire un peu plus de place aux femmes sur la liste !

1 – Président de la chambre d’agriculture des Landes et d’Aquitaine, vice-président de Maïsadour, président d’Agralia, administrateur de InVivo et cice-président du conseil économique et social (CESER) d’Aquitaine.

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