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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / La décennie de l'agriculture familiale

La décennie de l'agriculture familiale

Voici une information passée totalement inaperçue : le 20 décembre 2017, l'assemblée générale des Nations unies a proclamé officiellement la décennie 2019-2028 pour l'agriculture familiale.
Pour nous, paysans du Modef qui défendons ce modèle c'est une sacrée victoire. Par conséquent, on pourrait se dire que maintenant « ça y est enfin » et qu'il suffirait d'attendre que cette orientation se décline un peu partout.
La décennie de l'agriculture familiale

Serge Mora, président du Modef des Landes

Ce serait une grave erreur car nous savons bien que « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ». Je crois au contraire qu'il est de notre responsabilité de proposer encore et toujours des idées pour conforter ce modèle qui nous tient à cœur.

Depuis des années, notre syndicat œuvre contre le sens du courant pour faire reconnaître les nombreux bénéfices du système agricole familial : meilleures résilience et transmissibilité des exploitations, occupation de tous les territoires, productions de qualité, maintien d'une population agricole et d'un tissu rural vivant...

Aujourd'hui, avec cette décision de l'ONU, une porte s'entrouvre pour conforter le maintien d'un réseau d'exploitations familiales le plus dense possible.

Mais cela ne se fera pas sans un cadre bien précis que ce soit au plan mondial, européen et national.

Tout d'abord au niveau mondial, il est urgent de trouver des mécanismes de régulation pour les productions et surtout concernant le commerce des denrées pour éviter les spéculations sur les matières premières. En effet, il serait insupportable de revoir des émeutes de la faim comme en 2007-2008. Rien ne sert de se croire de plus en plus « civilisés » si l'on n'est pas capable d'assurer à chaque être humain une alimentation suffisante.

Ensuite à l'échelle européenne, il est important de reconsidérer cette position ultralibérale qui consiste à signer des accords commerciaux avec le Canada, les États-Unis ou des pays de l'Amérique du Sud (Mercosur)... dans lesquels on échange l'exportation des produits industriels contre l'importation de produits agricoles. Sans oublier que, parfois, ces produits agricoles sont élaborés dans des conditions totalement interdites en Europe (soja OGM désherbé au glyphosate, antibiotiques en élevage...).

De plus, l'Europe doit revoir totalement sa copie en matière de répartition des aides Pac : il va falloir s'intéresser de plus près aux notions d'actifs agricoles, à la dégressivité des aides (cela existe en vaches allaitantes, alors, pourquoi pas avec les surfaces ?), de plafonnement. Sacré changement de paradigme si cela arrive !

Enfin au niveau national, la promotion de l'agriculture familiale passera inévitablement par deux préalables : un contrôle des structures efficace et une législation qui reconnaisse enfin la nécessité de payer les produits agricoles à un prix rémunérateur.

Sur le point du contrôle des structures, il faut donner aux Safer et aux Cdoa les moyens de contrer l'opacité de certains montages sociétaires pas toujours très « honnêtes » : 1 % des parts sociales à l'ancien exploitant, le reste à des apporteurs de capitaux...

Enfin sur le point de la rémunération, il est nécessaire de légiférer pour que l'agriculture ne soit plus le seul secteur (ou quasiment) où c'est l'acheteur qui fixe le prix et qui établit la facture. Des changements sont nécessaires et le consommateur peut-être un allié si nous sommes disposés à lui expliquer comment on s'y prend pour fabriquer des produits de qualité et quels sont leurs réels coûts de production.

Nous voyons bien encore une fois que les bonnes intentions des hommes politiques sont louables mais, comme toujours, il y aura du lobbying et bien des entraves pour les faire dévier de ces objectifs. C'est pour cela que l'action syndicale ne doit cesser d'exister !

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