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Personne ne doit rester sur le carreau

Depuis le 16 novembre, la France est en situation de risque élevée. À défaut de pouvoir gérer l’incendie à temps cet hiver, le Ministère de l’agriculture s’est résolu à utiliser les mêmes recettes qu’en 2015 et 2016, c’est-à-dire abattre massivement (près de 3,5 millions d’animaux), indemniser les producteur·rice·s, avant de laisser remettre en place les volailles et palmipèdes. Malheureusement, pour les producteur·rice·s d’animaux élevés en plein air, la situation est plus compliquée qu’il n’y paraît.
Personne ne doit rester sur le carreau

Les éleveur·se·s de volailles de chair, de poules pondeuses et de canards à foie gras n’ont rien à vendre à leurs clients depuis plusieurs mois.Pour autant, nous n’avons toujours aucune visibilité sur les modalités de prise en charge de leur manque à gagner alors qu’ils n’ont pas pu produire depuis plus de 4 mois et que la situation ne leur est toujours pas favorable.

En effet, en zone de surveillance renforcée, seuls les élevages où les animaux sont confinés sont autorisés à produire. Cette différence de traitement nous interroge car les bâtiments n’ont pas, cette année encore, protégé les animaux de l’influenza aviaire. L’injustice ne s’arrête pas là : un résultat favorable issu d’un audit sur la biosécurité est requis pour tous les élevages, or cet outil est totalement inadapté aux spécificités du plein air. Dans ces conditions, la remise en place pour ces petits élevages relève de l’impossible.Ainsi, encore une fois, les paysan·ne·s qui ont fait le choix d’une production traditionnelle seront lésé·e·s.

Par ailleurs, certaines exploitations en zone indemne ont été indirectement touchées par cette crise. Nombreux sont les élevages qui ont connu de sérieuses difficultés d’approvisionnement ou d’écoulement de marchandise à cause des restrictions de mouvement au sein des zones réglementées. Pourtant, il n’est pas prévu que leurs pertes soient prises en charge dans le dispositif d’indemnisation.

Pour le Modef et la Confédération paysanne, la sortie de crise doit être menée équitablement. Tous les types d’élevage devraient pouvoir remettre en place des animaux, sans distinction de mode de production, et toucher des indemnisations à la hauteur de leurs pertes. En filière longue ou courte, en plein-air ou non, en zone réglementée ou indemne, personne ne doit rester sur le carreau !

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