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Accueil MODEF / Agenda et Actus / L'actu agricole départementale / Agrivoltaïsme : de qui se moque-t-on ?

Agrivoltaïsme : de qui se moque-t-on ?

Mercredi 17 avril, le Modef des Landes a mené une action sur le site de pilote du groupe GLHD à Haut-Mauco, afin de dénoncer l'accaparement des terres agricoles au profit des producteurs d'énergie. L'occasion de constater que la parcelle a été traitée à l'herbicide et ne comporte aucune culture !

Agrivoltaïsme : de qui se moque-t-on ?

La culture sous panneaux selon GLHD.

"No Patavan", "Des panneaux sur nos hangars, pas sur nos hectares", "Vivons de nos productions, pas des photons", "La souveraineté alimentaire commence ici"... Salariés et militants du Modef étaient inspirés ce mercredi 17 avril, journée mondiale des luttes paysannes (1). Pour l'occasion, le Modef des Landes s'est rendu au petit matin sur le site pilote de Green Lighthouse Developpement (GLHD) à Haut-Mauco. Ce site, construit en partenariat avec Agrolandes, est censé étudier la possibilité de mener des cultures sous panneaux et démontrer que ceux-ci n'altèrent pas le rendement des cultures, voire l'améliorent, comme certains promoteurs n'hésitent pas à le clamer dans leurs argumentaires !

Depuis un an et demi, cette parcelle d'un hectare sert surtout à faire de jolis articles à la gloire de l'agrivoltaïsme dans la presse locale, juste à côté des encarts publicitaires achetés par GLHD. Car pour ce qui est des cultures, on est plus proche du potager de cadre sup en zone pavillonnaire que du "casaù" de nos grands-mères. On attend d'ailleurs avec impatience les résultats des observations menées par le centre de recherche et d'expérimentation Invenio, spécialisé dans le suivi agronomique des fruits et légumes. Relèveront-ils, comme nos militants ce mercredi matin, l'emploi d'un herbicide afin de faire place nette ? Aucune culture, aucun brin d'herbe sur une parcelle orangée en plein printemps ! Pour le zéro-phyto promis par GLHD, on repassera ! 

Pas dans les clous du décret

Car ne soyons pas dupes, ce projet à 500 000 euros (financé à 30% par la Région sur un terrain donné par le Conseil départemental) sert surtout à justifier l'artificialisation de 700 ha de terres agricoles pas très loin de là, du côté des Arbouts. Enfin, 213 hectares, si l'on en croit GLHD, qui dans sa communication ne compte que la surface des panneaux et non de l'installation dans son ensemble ! 

Le prétexte de cet espace test ne sera pas de trop, si l'on considère le contenu du décret d'application de la Loi sur les énergies renouvelables, publié le 9 avril dernier. Il stipule en effet que "le rendement agricole doit être maintenu pour l’ensemble de l’installation agrivoltaïque. Dans le cas des cultures par exemple, la production doit être au moins égale à 90% de celle observée dans une parcelle témoin". 

On voit mal comment, en passant du maïs irrigué à l'herbe, les agriculteurs des Arbouts pourront limiter la perte de rendement à 10%. Et on comprend mieux l'empressement des promoteurs à faire valider le projet en CDPenaf en novembre dernier, avant la publication du décret, quitte à lâcher sur la question du bail rural et du zéro-phyto.

Le critère du "service rendu" ressemble lui aussi à une vaste fumisterie : il suffira au promoteur de prouver que les panneaux apportent plus d'ombre que rien du tout. Les arbres et les haies ont du souci à se faire !

Couleuvres et talos

Au final, le projet Terr'Arbouts, l'un des plus gros de France, devrait prochainement se concrétiser, même s'il ne respecte pas les exigences du décret. Tout cela laisse l'impression d'une vaste opération d'enfumage menée depuis plusieurs années par GLHD sur notre territoire et qui a commencé avec la prétendue impossibilité de réduire l'utilisation de produits phytos sur des terres concernées par le captage d'eau potable des Arbouts. Du pollueur-payé à l'énergéticien-cultivateur, il a fallu dépenser de gros budgets en communication et relations publiques pour faire avaler toutes les couleuvres et les talos des Arbouts (encore que des talos, il n'y en a plus beaucoup sur ces terres lessivées).

Mais tous les discours du monde ne pourront faire oublier la vérité crue : ce sont bien 700 hectares de terres nourricières qui vont être artificialisés dans notre département, sur l'autel de la rentabilité des entreprises de production d'énergie renouvelable.   

(1) La Journée mondiale des luttes paysannes a été instituée par le réseau Via Campesina suite à l'assassinat en 1996 de 19 paysans par la police brésilienne. Elle met chaque année en lumière les luttes des paysans pour l'accès à la terre, partout dans le monde.

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