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IAHP : Un débat pour ne plus reproduire ce scénario !

Ce 5 janvier, le Modef et la Confédération paysanne ont tenu à Doazit une conférence de presse pour dénoncer les incohérences de la gestion de la 3e crise influenza aviaire en 5 ans ! Sans occulter les souffrances humaines, les deux syndicats ont dénoncé des moyens attribués aux services vétérinaires bien en deçà de l'ambition affichée et l'absence de leçons tirées des deux précédents épisodes. Après avoir pointé les causes et les responsabilités des grands opérateurs, Modef et Confédération paysanne exigent que tout le monde soit mis autour de la table pour trouver une solution durable, ce qui passera par de la régulation de la production et une réorientation de la filière vers la qualité.
IAHP : Un débat pour ne plus reproduire ce scénario !

Les incohérences de la gestion et le manque de moyens des DDCSPP

« C’est le transporteur qui m’a envoyé un SMS (le 30/12) pour m’annoncer qu’on allait charger mes canards samedi dernier. Ce qui fut fait. Et aujourd’hui, la DDCSPP appelle pour m’informer que mes canards allaient être abattus car mon exploitation est à 3 km d’un foyer ! », témoigne Maryline BEYRIS qui voudrait que le ressenti et les propositions des paysans soient entendus et qu’on écoute également les vétérinaires de terrain.

Les prélèvements pour analyse ne sont faits qu'une fois les animaux arrivés sur le site d'abattage. Le Modef et la Confédération paysanne s'étonnent que les volailles soient déplacées sans que l'on sache en amont si elles sont porteuses du virus ou pas. Or, le transport du virus représente un risque important de diffusion.

L’élimination des animaux dans les foyers prend trop de temps. « Nous payons là le manque chronique de moyens pour mettre en œuvre les politiques publiques », indique Sylvie COLAS.

« Si je suis éleveuse de volailles bio, c’est pour élever des volailles en plein air. Nous avons plaisir à travailler de la sorte et c’est ce que demande de plus en plus la société civile. On veut nous faire croire que l’avenir c’est la claustration. Nous ne voulons plus être montrés du doigt parce que nos animaux sont à l’extérieur », complète-t-elle.

En clair, comme lors des deux précédentes crises, nous assistons à une course perdue contre le virus.

Constats amers

Les syndicats constatent un manque de transparence dans la gestion de la crise, de la part de l'administration et des interprofessions :

  • Pas d’information sur les enseignements que pourraient donner les résultats des prélèvements effectués depuis plusieurs mois dans le cadre d’une étude (Cifog et ENVT), avant le début de cette crise ;
  • Pas de communication sur le nombre de palmipèdes et volailles présents par zone, données collectées par la base avicole ;
  • Pas de véritable concertation sur les stratégies de lutte sanitaire.

Le système sur le banc des accusés

« Nous vivons là la troisième crise influenza aviaire en 5 ans. L’industrialisation de la filière pour une démocratisation du foie gras aboutit à un non-sens sanitaire et économique », a introduit Serge MORA.

Les engagements pris en 2017 par les grands opérateurs en contrepartie des financements publics apportés par l’État et les Régions n’ont pas été tenus. « Euralis, Maïsadour et Lur Berri qui représentent à eux trois les 2/3 de la production devaient relocaliser les élevages près des salles de gavage, voire des abattoirs. Après deux réunions sur le sujet, ils n’ont rien fait. Les transports n’ont pas été réduits », dénonce Christophe MESPLÈDE.

Chaque fois que les deux syndicats réclament une régulation de la production, ils se heurtent à un mur. Les grands opérateurs ne veulent pas réduire la production car ils ont des unités de transformation à faire tourner et, pour les amortir, il faut un grand volume d’animaux.

« Après deux crises, en à peine 3 ans, ils ont réussi à reconstituer des stocks. Les produits stockés périmés qui finissent à la méthanisation sont des animaux qui n’auraient jamais dû être produits », poursuit-il.

Les industriels n’ont pas revalorisé la rémunération des producteurs qui n’ont pas pu investir dans tous les bâtiments qui auraient été nécessaires. Ces derniers ont donc maintenu des animaux dehors en plus de ceux confinés, en s’appuyant sur la dérogation1 obtenue pour les petits producteurs par la Confédération paysanne et le Modef. Or, l’Anses l’a souligné lors de la réunion téléphonique du 31 décembre dernier avec les représentants des deux syndicats : « Mettre des animaux claustrés à côté d’animaux à l’extérieur, c’est une bombe ». Tous les producteurs sont des victimes et les responsables sont les grands opérateurs qui continuent de mettre en place un nombre de canards bien au-delà de leurs capacités à commercialiser.

Se mettre autour de la table pour une solution pérenne

La Confédération paysanne et le Modef exigent que tous les acteurs soient réunis autour de la table pour réguler la production et changer de modèle. A défaut, ils sont convaincus « qu’on se retrouvera bientôt pour une nouvelle crise ».

Parmi les pistes évoquées :

  • Mieux comprendre pourquoi des lots sont atteints par la maladie et d’autres pas,
  • Continuer à explorer la piste de la vaccination,
  • Cesser de subventionner par des fonds publics des bâtiments avec pour conséquence de « mettre une corde au cou des producteurs (accroître leur endettement) ».
  • Il faudra certainement dés-intensifier la production l’hiver et enfin monter en gamme pour produire de la qualité et retrouver un positionnement de produits festifs.

« N’oublions pas que ce sont les élevages fermiers plein air qui font la notoriété du produit », rappelle Jean-Louis CAMPAGNE.

1 - Dérogation permettant aux petits éleveurs de maintenir leurs animaux en plein air pendant les périodes de risque aviaire, pour des raisons de cahier des charges ou de bien-être animal, dans la mesure où maximum 3 200 canards peuvent être en parcours simultanément.

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