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Accueil MODEF / Agenda et Actus / L'actu agricole départementale / Les éleveurs plein air et autarciques reçus au ministère

Les éleveurs plein air et autarciques reçus au ministère

Lundi 8 janvier, des représentants du Modef, de la Confédération paysanne et d'ELB ont été reçus par le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau pour évoquer le sujet spécifique de l'élevage autarcique de volailles en plein air lors des périodes à risque.

Les éleveurs plein air et autarciques reçus au ministère

Il avait fallu l'occupation des locaux de la DDPP des Pyrénées-Atlantiques, le 8 juin dernier, par des militants du Modef, de la Confédération paysanne et d'ELB, pour que le ministre de l'agriculture Marc Fesneau daigne enfin évoquer directement avec les trois syndicats la situation des éleveurs autarciques et de plein air. Ainsi lundi 8 janvier, six éleveurs de plein air du Pays Basque, du Gers et des Landes, dont le Landais Julien Mora, porte-parole national du Modef sur le sujet de l'Influenza aviaire, se sont rendus rue de Varenne à Paris.

Après une heure et trente minutes d'échanges avec le ministre et son conseiller Hadrien Jaquet, les représentants sont ressortis plutôt satisfaits, comme ils l'ont indiqué dans un communiqué commun : "Les trois syndicats se félicitent de l'ouverture d'un dialogue au plus haut sommet de l'Etat sur ce modèle d'élevage. Ils ont pu faire comprendre au Ministre les difficultés que représentent la menace de l'influenza aviaire, mais aussi et surtout les réglementations qui en découlent, et en particulier la claustration obligatoire des volailles. Le Ministre a écouté les propositions des éleveurs et des éleveuses, et a reconnu les spécificités et les avantages de ces modèles, tant sur le plan économique et sanitaire que pour la qualité des produits et l'image générale de l'élevage." 

Concrétiser les espoirs

Pourtant les représentants syndicaux restent sur leur faim : "L'avenir des élevages autarciques de volailles en plein air reste incertain : la vaccination des canards a créé plus de flux d'intervenants dans les élevages, ce qui génère un nouveau danger vis-à-vis de la diffusion de l'influenza aviaire. Mais surtout, la claustration des volailles reste obligatoire tant que le risque vis-à-vis de l'IAHP est jugé "élevé". Au travers de l'expérimentation de la biosécurité en élevage plein air qui se met en place, le Ministre s'est montré coopératif pour prouver scientifiquement la pertinence sanitaire des pratiques de l'élevage autarcique en plein air, et ainsi soutenir l'avenir de ce modèle. Nous avons besoin que ces espoirs se concrétisent rapidement pour retrouver des installations de paysannes et paysans nombreux. Nos modèles d'élevage autarcique en plein air sont rémunérateurs et répondent aux attentes de la société tout en contribuant à la vitalité de nos territoires !"

Reste désormais à traduire cette écoute et ces bonnes intentions dans la règlementation. Celle-ci est toujours aussi contraignante pour les petits éleveurs de plein air : "On nous oblige à élever les canards dedans, soi-disant pour empêcher les contacts avec certains oiseaux migrateurs. Sauf qu’une étude épidémiologique, menée par l’Anses sur 2021-2022 au niveau du Sud-Ouest et de Pays de la Loire, a confirmé ce que l’on dénonçait : pour 1300 cas de grippe aviaire, seuls deux ou trois étaient dus au contact avec des migrateurs. Le reste venait de l’élevage industriel", rappelait ainsi Patrick Dagorret, éleveur à Irissarry et membre d'ELB. 

Maintenu dans ses fonctions trois jours plus tard lors du remaniement ministériel, Marc Fesneau a désormais le temps d'infléchir sa position. Il n'est jamais trop tard pour admettre qu'on s'est trompé !

3 questions à…

Julien Mora

Porte-parole du Modef sur l'influenza aviaire

"Un ministre ouvert à une évolution de la règlementation, du moins en apparence"

JulienMora

C'est la première fois que tu allais au ministère. A quoi t'attendais-tu ?

Je m'attendais à ce que la rencontre soit plus dure en terme de discussions. Au lieu d'un ministre inflexible, comme avait pu l'être Denormandie en 2021, on a eu en face de nous quelqu'un qui, du moins en apparence, semblait plus ouvert à une évolution de la règlementation pour les élevages de plein air lors des périodes à risque. On ne va pas dire que c'est totalement positif, mais on ne sort pas de là défaitistes, en se disant qu'on est morts et qu'il n'y a plus rien à faire pour nous. 

Quels sont les messages que tu as pu lui faire passer ?

J'ai surtout parlé de l'enjeu du renouvellement des générations et de la déprise agricole dans certaines régions. Le choix d'un modèle de production est essentiel dans l'installation. Personne ne se dit : "Je veux être éleveur de volaille, qu'importe si c'est en bâtiment ou en plein air !" Non, on choisit d'abord un mode de production et si on nous en empêche, on renonce. Or il y a des gens qui veulent s'installer autrement qu'en construisant des bâtiments de 3000 m2. Il faut prendre en compte ces attentes-là si on veut renouveler les générations. Cet argument a fait mouche je pense. J'ai évoqué le nombre de dossiers d'indemnisation grippe aviaire dans notre département, passés de 1500 lors de la première crise en 2016 à 700 à peine aujourd'hui. C'est assez éloquent pour comprendre la réalité derrière toutes ces crises.   

Avez-vous obtenu des engagements sur des évolutions règlementaires ?

Pas directement mais sur le moyen et long terme, on espère que la règlementation va s'alléger pour les éleveurs autarciques et de plein air. Déjà, les 30 mètres sur les bâtiments en volaille, ça commence à concerner pas mal de monde. Après par rapport aux contrôles et mises en demeure, on nous répond qu'il faut ouvrir la discussion au niveau local. Chaque DDPP fixe son seuil de tolérance et ses cibles en fonction de la récurrence des foyers, des modèles aussi peut-être. Il y a parfois de quoi se poser des questions et on aimerait avoir un peu plus de visibilité. Il y aussi pas mal de dénonciation malheureusement. Concernant le vaccin, on espère que les protocoles de suivi, qui représentent une lourde charge, seront allégés.   

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