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Accueil MODEF / Dossiers / Economie - social / Gestion de l'endettement

Gestion de l'endettement

Au-delà de la crise de l'élevage, une grande partie des exploitations rencontre des difficultés de trésorerie. Les informations agricoles ont demandé à Sébastien MALGOR, directeur du centre d'affaires entreprises agricoles des pays de l'Adour à la banque populaire, de nous expliquer les différentes possibilités qui existent pour ré-aménager l'endettement. « On parle beaucoup de la crise de l'élevage mais, en fait, cela fait déjà 18 mois que nous traitons des situations tendues, voire très tendues. Dans la vraie vie, nous faisons surtout du cousu main car chaque situation spécifique », pose en préambule le directeur du centre d'affaires entreprises agricoles.
Gestion de l'endettement

Sébastien Malgor, directeur du centre d'affaires entreprises agricoles des pays de l'Adour à la banque populaire

LA TRÉSORERIE

Le métier de la banque consiste à prêter de l'argent à partir du moment où la personne a la capacité de rembourser.

Tous les jours, la banque accorde des lignes de financement pour permettre le fonctionnement de l'activité.

La trésorerie est un indicateur de la santé de l'entreprise qui fait l'objet d'un suivi quotidien par la banque.

Ainsi, quand un agriculteur dépasse le découvert autorisé, la banque le contacte pour en connaître les causes.

Quand le problème persiste, la banque cherche à déterminer s'il s'agit d'un événement conjoncturel ou d'une situation plus structurelle.

LA CONSOLIDATION

Pour le banquier, le critère de décision fondamental est la capacité de remboursement.

En présence d'une difficulté conjoncturelle, un prêt de consolidation peut être envisagé.

Prenons un exemple : Un agriculteur dégage une ressource moyenne de 40 000 €. Suite à une incapacité temporaire de travailler, il a du mal à payer ses factures. Il est actuellement peu endetté : annuité de 5 000 €. Il prélève 20 000 € pour ses besoins privés.

La banque va estimer la capacité totale de remboursement de l'exploitation. Une fois déduite l'annuité existante, les autres besoins de financement à venir (investissement prévisible), la banque pourra évaluer que la structure peut supporter un prêt supplémentaire correspondant à une annuité maximale de 10 000 €, sachant qu'il est toujours nécessaire de garder une marge de sécurité en cas d'aléas.

LA RESTRUCTURATION

Si la difficulté est analysée comme structurelle, la banque a besoin d'une plus grande lisibilité sur les résultats des exercices à venir pour déterminer la capacité de remboursement de l'exploitation.

La banque va donc demander à l'agriculteur un prévisionnel et se rapprocher de son expert-comptable.

« Nous essayons le plus possible de réunir en même temps l'exploitant, l'expert- comptable et la banque. Ces rendez-vous sont complexes, il y a forcément une dimension humaine. La prise de conscience de la difficulté peut être un processus qui prend du temps. Mais ces tours de table permettent d'analyser plus finement la situation », témoigne Sébastien MALGOR.

Dans ce cas de figure, sur la base des résultats prévisionnels, la banque va reprendre l'endettement total (emprunts LMT, besoin de trésorerie) et le restructurer, c'est à dire le répartir sur une période plus longue pour faire coïncider le nouveau montant des annuités à la nouvelle capacité de remboursement. En général, l'endettement est lissé sur 5 à 7 ans.

Ici encore, les investissements de renouvellement prévisibles seront anticipés et intégrés comme autres besoins de financements à prendre en compte sur la période.

Quand on procède à une restructuration de l'endettement, on allonge la durée des prêts en cours. Compte tenu de la nature du financement, la banque demande souvent des garanties fortes, de type hypothèque sur le foncier.

OPTION AVEC APPORT

En fonction des résultats prévisionnels, la banque déduit la capacité de remboursement (totale) et, éventuellement, la capacité à assumer un nouveau prêt.

Quand une exploitation a enregistré une perte importante et que les prévisions de résultats d'exploitation paraissent insuffisantes, la banque peut mettre sur la table une solution mixte : refinancement partiel par un nouvel emprunt associé à un apport personnel.

Exemple : Le besoin de financement pour étaler la perte est évalué à 80 000 €. La banque calcule que l'annuité supplémentaire ne peut dépasser 6 000 €. Sur 7 ans, cela correspond à un emprunt de 40 000 €.

La banque va mettre en place ce prêt si, en contrepartie, l'exploitation amène un apport de 40 000 € (vente de foncier, apports de capitaux privés, familiaux…).

La proposition de la banque découle de son évaluation de la prise de risque. Souvent, la banque croise son analyse avec celle de l'expert-comptable qui connaît l'exploitation.

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