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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / Editos 2013 / Gouverner, c'est prévoir

Gouverner, c'est prévoir

Ce vieil adage est toujours vrai et l'actualité récente le démontre encore ces derniers jours.
Portrait Serge Mora

Serge Mora

En effet l'écotaxe provoque un véritable pataquès. Cette taxe, votée en 2011 rappelons-le, déclenche un véritable tollé. On semble découvrir que cela va impacter le prix de revient des produits agricoles en particulier (transport d'aliments, animaux vers les abattoirs, produits finis...). Cela semblait pourtant évident et le syndicalisme breton ne s'honore pas avec les destructions de ce week-end.

De même cette semaine, l'ANIA (association nationale des industries agroalimentaires) déplore le risque de perte de 5 000 emplois. D'après l'ANIA, le phénomène s'explique par la pression à la baisse des prix exercée par la grande distribution suite à la loi de modernisation de l'économie (LME), votée en 2008.

Là encore, à quoi s'attendait-on ? Il fallait être bien naïf ou de mauvaise foi pour croire que 4 ou 5 grands groupes allaient plier devant une multitude de PME.

Dans le même contexte, l'agroalimentaire breton craint pour ses emplois suite aux fermetures déjà constatées (Doux, Gad...). Pourtant, là aussi, on pouvait anticiper un tel résultat. Le poulet export produit par le groupe Doux était condamné depuis longtemps puisque les restitutions européennes devaient cesser en 2013. Dans cette situation, il devient impossible d'aller concurrencer le poulet brésilien consommant céréales et soja produits sur place à meilleur prix, élevé, abattu, découpé avec de la main d’œuvre à bon marché.

Concernant le porc impossible de faire mieux que les allemands dont la main d’œuvre des pays de l'Est utilisée dans la filière revient moitié moins cher qu'en France.

Ces derniers jours, dans le cadre des négociations de libre-échange entre l'Union européenne et l'Amérique du Nord, un accord a été conclu avec le Canada. Cela permettrait d'exporter plus facilement des fromages par exemple, mais en échange, la viande de bœuf aux hormones et le poulet traité au chlore pourront entrer en Europe.

Pour permettre aux consommateurs de choisir entre les origines des viandes, la Commission européenne propose la mise en place d'un étiquetage. Ainsi les pauvres pourront manger du bas de gamme à petit prix au péril de leur santé tandis que les nantis auront le meilleur à leur disposition.

On le voit, on peut multiplier les exemples à l'infini pour démontrer l'inconséquence de certaines décisions politiques. Il manque une analyse globale de la situation qui finalement conduit à des drames : fermetures d'entreprises, chômage... Le pire est évidemment ce fort taux de suicide chez les agriculteurs poussés à l'extrême à cause des difficultés financières, de la charge de travail, de l'isolement. C'est la conséquence des politiques menées depuis 50 ans avec l'appui de certains syndicats.

Il fallait toujours produire plus, s'endetter, produire encore plus pour faire face et finalement en arriver à la situation actuelle. Il est grand temps de trouver un autre modèle pour faire revenir des jeunes et sauver l'élevage français. L'avenir n'est pas à l'exportation à vil prix de produits bas de gamme mais bien au développement d'une agriculture de qualité à haute valeur ajoutée pour les agriculteurs.

Serge MORA, membre du bureau du Modef des Landes

Vendredi 01 novembre, Infos agricoles n°2770

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