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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / Editos 2013 / edito du 13 décembre 2013

La vérité se cache souvent dans les coulisses des négociations...

Un accord historique de l'OMC (organisation mondiale du commerce) vient d'être signé à Bali. Le commerce mondial qui concerne aussi l'agriculture sera encadré par cet accord.
L'Inde qui traînait les pieds a fini par y adhérer. Dans ce pays, 800 millions de personnes bénéficient d'un programme alimentaire national permettant l'accès à la nourriture. Ce programme était remis en question à cause de l'OMC...
Pourquoi ? Tout simplement parce que l'OMC impose un plafonnement des aides intérieures à l'agriculture à 10 % de la production nationale.
Cette règle s'impose aussi aux aides directes versées par l'Union européenne.

Pour se soustraire partiellement de cette règle, l'Europe a découplé les aides de la production. Et aujourd'hui, l'Europe propose un verdissement qui concernera 30 % de l'enveloppe Pac. Tout cela constitue des moyens d'échapper au maximum de 10 % de la production nationale applicable aux soutiens intérieurs à l'agriculture.

Par ailleurs, l'OMC interdit définitivement les soutiens à l'exportation et la Bretagne n'est pas prête de voir un retour des restitutions.

Il faut garder à l'esprit ce contexte de l'OMC pour comprendre l'évolution de la PAC et son volet sur le « verdissement ».

La semaine dernière, la FRSEA a choisi de manifester à Mont de Marsan devant la préfecture et non à Bali (sûrement pour présenter un bilan carbone acceptable !)...

Pour le MODEF, la diversification n'est pas une catastrophe en soi... Au contraire, nous pensons que les périodes d'épandage des lisiers vont pouvoir être rallongées ce qui évitera des investissements supplémentaires en matière de stockage.

Sur le plan agronomique et économique, diversifier ses cultures est une bonne chose.Les protéagineux vont bénéficier d'une aide couplée (2 % de l'enveloppe). Nous sommes bien conscients que des exploitations qui auto-consomment tout le maïs produit sur la ferme vont être pénalisées. Le MODEF a demandé, pour ces cas de figure là, des dérogations.

Les agriculteurs de la FRSEA « verts de rage » n'ont pas abouti dans leur première demande, à savoir que le maïs semence et le maïs doux soient reconnus comme des cultures différentes de celle du maïs grain... L'actuelle revendication portée par les producteurs de l'AGPM est à l'opposé de ce qu'ils réclamaient il y a quelques années, lors de la création de la base « maïs » (ils s'étaient battus pour que le maïs doux et le maïs semence soient reconnus comme du maïs pour être éligibles à des aides plus élevées). L'AGPM n'a pas obtenu gain de cause, ce qui est logique... Dans la foulée, l'argumentation a glissé rapidement vers le monde de l'élevage « qui a besoin du maïs »... Ce qui est en partie vrai puisque 40 % du maïs du Sud-Ouest est consommé par nos élevages. Le reste est exporté ou bien part en bioéthanol ! Vous voyez que la FDSEA prend soin de ses petits éleveurs... En apparence seulement car, dans les négociations nationales, la section spécialisée bovine de la FNSEA demande que les élevages de moins de 30 vaches ne soient plus éligibles à la PMTVA. Les aides doivent aller aux seuls productifs qu'ils disent...

J'espère aussi que, ce jour là, dans la manifestation, il n'y avait pas d'agriculteurs disposant de moins de 52 ha car la FNSEA, vous le savez, a porté un coup fatal à la redistribution des aides en faveur des petites et moyennes exploitations. Et encore moins des pluri-actifs car, dixit le président de la chambre : « Ils ne méritent pas la surprime des 52 premiers hectares ». Donc, rationnellement, dans cette manifestation, il ne pouvait y avoir ni des éleveurs de moins de 30 vaches, ni des agriculteurs exploitant moins de 52 ha, ni des pluri-actifs...

Mais alors, qui donc y avait-il ? Le président de Maïsadour et de Vivadour m'a t-on dit... Etonnant alors que Maïsadour est « Le » modèle de diversification : caviar, foie gras, saumon, poulet, volailles festives (peut-être cassoulet un jour...), tournesol et accessoirement maïs ! Et que la diversification des activités de la coopérative est présentée comme un gage de stabilité économique..

Moralité de mon histoire : Méfions-nous des discours fédérateurs qui cachent souvent une réalité bien plus cruelle !!!

Christophe MESPLÈDE, président du MODEF des Landes

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