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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / Au fil de l'eau

Au fil de l'eau

Titre évocateur, n’est-ce pas, après ces deux journées de pluies diluviennes de dimanche et lundi ?
En effet, notre département (surtout l’Est et le Nord) a reçu une quantité d’eau mémorable au cours de ces deux journées sans oublier les sinistrés de l’orage de grêle du samedi soir.
Cela m’amène deux réflexions.
Au fil de l'eau

Serge MORA, président de la FSA-Modef 40

Tout d’abord, il y a quelques semaines, j’ai écrit dans ces mêmes colonnes un plaidoyer en faveur d’une assurance « revenu » pour les agriculteurs. J’y abordais notamment le risque de plus en plus fréquent des maladies (animales ou humaines) qui peuvent anéantir nos revenus d’éleveurs.

Mais, à cela, il faut ajouter le risque climatique qui peut impacter fortement le revenu du fait des mauvaises récoltes, sans oublier les fluctuations des cours tellement volatils (voir pétrole en mars/avril 2020).

La deuxième réflexion que m’inspire cet épisode pluvieux très intense concerne la fragilité de nos sols et de nos systèmes face à des évènements de plus en plus récurrents.

N’oublions pas les printemps 2013, 2018 plus quelques orages sporadiques ici ou là (localement sur Mugron le 11 juin 2015, 80 mm en un peu moins de 2 heures avec deux grosses averses). À ceci s’ajoute l’automne 2019 avec des conditions de récolte du maïs catastrophiques pour les sols.

C’est, nous le voyons bien une fréquence très (trop !) rapprochée et, à chaque fois, nous constatons les mêmes dégâts : des semis emportés, de l’érosion importante dans les coteaux, des crues qui arrachent des bouts de parcelles, des prairies submergées et j’en passe !

Cela doit nous amener à nous interroger sur nos pratiques. Oh, je sais, il sera difficile de revenir sur l’arasement des talus, des haies, sur le maintien des fossés qui gênent quand les outils deviennent toujours plus grands. Mais peut être faudra-t-il revenir à un peu plus de raison dans notre parcellaire chalossais car l’eau retrouve toujours ses « anciens chemins » !

L’autre point qui reste à améliorer concerne le travail du sol pour ces fameux semis de printemps si sensibles aux orages de la saison.

Certains s’intéressent de plus en plus -et pratiquent aussi- au semis direct. Certes voilà une technique qui bouscule sacrément nos habitudes. On aime tellement voir les rangs de maïs émerger puis se développer et enfin couvrir la terre que semer parmi des débris végétaux couchés, défoliés au glyphosate  ou détruits, d’où le maïs ne paraît qu’au bout de quelques semaines, semble complètement farfelu.

De plus, les premières années sont rendues compliquées par la baisse des rendements, l’enherbement… Aussi, nous préférons reprendre les méthodes qu’on maîtrise parfaitement tout en sachant qu’à terme l’érosion des sols finira par les épuiser.

À ce propos, je voudrais rendre hommage à un agronome français, Lucien SEGUY, décédé récemment au Brésil où il s’était expatrié.

Cet ingénieur qui observait la dégradation des sols soumis à un travail intense proposait de les couvrir en permanence (graminées, crucifères, légumineuses). Cela permet de stopper l’érosion et le ruissellement, tout en améliorant la structure du sol et en ramenant ou évitant le lessivage des éléments minéraux.

Nul n’étant prophète dans son pays, il est allé appliquer ses théories au Brésil où avec des pluviométries de 1 500 à 2 000 mm/an (jusqu’à 3 000 mm dans certaines régions), il a réussi à cultiver avec de bons rendements, en conservant et même en améliorant les sols.

Et, cerise sur le gâteau, cela permet en outre de capter beaucoup plus de carbone (le fameux 0,4 % de Stéphane LE FOLL) luttant ainsi contre le réchauffement climatique (peut être responsable des épisodes un peu fous que nous vivons de plus en plus souvent).

Voilà quelques réflexions que cette période de « confinement » m’inspire alors que le reste de la population se dé-confine petit à petit.

Les beaux jours reviennent et il va falloir reprendre les travaux (semis, foins, azote), les longues heures de tracteur peuvent inciter à réfléchir à tout cela.

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