mar 22 octobre 2019
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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / Au nom de la terre

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Au nom de la terre

L'agriculture fait souvent la une de l’actualité tant les sujets sont divers : qualité de l'alimentation, pollution, sécheresse, problèmes de revenu... Cette semaine, c'est la sortie officielle du film « Au nom de la terre » dont le thème est le suicide d'un agriculteur poussé à cette extrémité par le surendettement.
Au nom de la terre

Serge MORA, président du Modef des Landes

Réalisé par Édouard BERGERON, avec pour acteur principal Guillaume CANET, ce film raconte l'histoire de la fin tragique du père du réalisateur.

Selon les statistiques de 2015, le suicide a fait 372 victimes chez les agriculteurs (environ 290 hommes et 80 femmes), soit plus d'un par jour. Les causes principales sont évidemment les difficultés financières, la surcharge de travail, l'isolement...

Un agriculteur a entre 12 et 20 % de « chances » de se suicider de plus que le reste de la population.

D'après ceux qui ont déjà vu le film, cette situation peu enviable est très bien décrite et analysée. On peut y voir aussi le conflit entre un père qui a réussi professionnellement profitant à plein du développement technique des années 1960/1980.

Malheureusement, à la fin des années 80/début des années 90, l'agriculture a subi le même sort que l'économie : dérégulation des marchés, financiarisation de l'activité, concurrence des importations...

Àce moment-là, on a fait croire aux paysans que le salut passait par « toujours plus », à savoir produire toujours plus, investir massivement pour augmenter les volumes, agrandir la ferme, courir après les primes PAC, etc.

En même temps, on a accru les contraintes administratives et environnementales mettant ainsi un peu plus de pression sur une profession qui, la tête dans le guidon, n'a pas le temps de chercher d'autres solutions.

On a amené les gens à devenir de plus en plus dépendants des achats extérieurs, des remboursements des investissements de plus en plus lourds, à travailler toujours plus. Le plus paradoxal est que l'on « vendait » ces investissements avec l'argument de réduire la charge de travail (robots de traite, bâtiments avicoles ultra-modernes....). Je me rappelle d'un numéro des « Quatre saisons » du Sud-Adour dans lequel était publiée une comparaison technico-économique entre cabanes mobiles de 60 m2 et bâtiment en dur de 400 m2 avec chaîne d'alimentation dont la conclusion était : « Dans un système on investit, dans l'autre on s'investit  ».

En effet, le fond du problème étant dans la stagnation, voire la baisse des prix agricoles, l'agriculteur se trouvait vite étranglé par les soucis financiers et la course à l'agrandissement se poursuivait pour tenter de compenser par les volumes ce que la faiblesse des cours entraînait comme perte de revenu. Ce faisant, la spirale du surendettement et de la surcharge de travail se mettait en place et on a ainsi abouti à l'hécatombe de suicides qui s'est encore accentuée ces dernières années puisque les céréaliers ont eux aussi été touchés par ce phénomène surtout présent jusque là chez les éleveurs, les maraîchers...

Aujourd'hui, beaucoup de paysans tentent de remettre en place des systèmes plus autonomes et économes mais l'idéologie dominante du toujours plus, de l'investissement « pharaonique » persiste encore.

On voit bien à travers ce film témoignage toute la détresse d'un monde agricole en grand péril.

Le week-end du 21 et 22 septembre était consacré au patrimoine. Il y a aujourd'hui en France un patrimoine en grand danger, c'est celui de ce monde paysan attaché à sa culture, à ses produits de qualité du terroir, à son élevage artisanal respectueux du bien-être animal. Il existe des syndicats qui s'attachent à préserver une agriculture à taille humaine, qui soit vivable. D'autres croient pouvoir développer et inonder le monde de leurs produits agricoles en s'affranchissant de tous les dégâts socio-économiques et environnementaux qui en découlent.

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