jeu 06 août 2020
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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / Cela bouge chez les Landais !

Cela bouge chez les Landais !

L’article de Mediapart, repris par toute la presse locale, fait parler dans les campagnes. Ce thème renvoie à de nombreuses questions sociétales et syndicales :
• Doit-on appliquer au bio des procédés de production industriels ?
• Peut-on devenir leader d’un marché, dans une vision libérale de l’agriculture, à n’importe quel prix (humainement) ?
• Veut-on du bio accessible à tous et pour tous ?
• Le manque de main d’œuvre n’est-il pas lié au fait que le besoin est concentré dans de grandes exploitations et non diffus ?
Cela bouge chez les Landais !

Mélanie MARTIN, présidente de la FDJA-Modef

Vous n’êtes pas sans savoir que ces questions m’animent depuis que je me suis installée. Lors de nombreux ateliers et débats avec les consommateurs sur l’agriculture de demain, j’ai souvent pris en exemple ces énormes fermes bios afin de questionner le public sur le volet social de l’alimentation de demain. Ce volet social a été balayé par l’agriculture industrielle à plusieurs niveaux, dont celui de la main d’œuvre. Les travaux de Yoan MOLINERO expliquent bien les mécanismes mis en place par le développement capitaliste.

Mais ce volet social, nous concerne également au travers de notre manque de revenu ! On veut encore nous faire croire que ces fermes sont le modèle à suivre pour produire toujours plus. Et l’intervention de Dominique GRACIET qui vient à leur secours en est la preuve. Le vrai sujet est bien là : le revenu des producteurs agricoles et le prix des produits alimentaires ! Pas besoin de « brasser » des millions, juste avoir un revenu décent afin d’avoir des conditions de travail correctes et une juste rémunération des équipiers !

Cette course aux prix les plus bas, nous interroge sur le modèle agricole que l’on veut pour demain. D’ailleurs, à aucun moment la presse n’évoque ce changement de modèle. Nous le savons, les grandes exploitations ont basé leur stratégie sur la recherche de financements publics qu’ils soient européens, nationaux ou locaux. Ces soutiens financiers leur permettent de faire baisser les prix et, pour certains, de devenir des leaders avec le risque que les produits agricoles ne deviennent que des sous-produits (par rapport à la production d’énergie) !

Mais pour nous, qui connaissons bien l’agriculture familiale, il nous est impossible de supporter ces prix compressés. Or, les répercussions sur le territoire peuvent être dramatiques. J’ai en tête quelques exemples d’exploitations bio de taille moyenne qui, étouffées par la concurrence et la guerre des prix, ont dû cesser leur activité légumière.

De plus, ce phénomène fait perdre au consommateur la conscience du véritable prix d’un produit agricole et lorsqu’il se tourne vers le circuit court, il est confronté à ces vrais coûts de revient. Encore reste-t-il à définir le « juste » prix !

Sur ce sujet, je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire qu’il doit intégrer une notion de qualité du produit, de rémunération de l’agriculteur et de ses équipes ainsi que la prise en compte d’un développement harmonieux des territoires : maintien de la polyculture/ élevage, protection environnementale, transmissibilité des exploitations et une dynamique rurale forte…

Ce prix, le consommateur est de plus en plus prêt à le payer que ce soit en circuit court ou long, mais il demande des garanties et de la transparence sur nos modes de production. Je ne suis pas sûre que les méthodes décrites dans la presse les satisfassent.

À l’heure où nous devons inventer le monde de demain, et par conséquent l’agriculture de demain, ce constat est assez désespérant. Notre vision de l’agriculture s’oppose point par point à celle pratiquée par ces agri-managers, et nous prouvons quotidiennement qu’un autre modèle est possible.

En permanence, nous défions cette vision, en mettant en place des filières de qualité sur nos exploitations, en produisant sur des ateliers de taille raisonnable, en repensant nos pratiques, et en étant actifs localement. En résumé, nous avons des valeurs de durabilité et humanistes fortes. La preuve ultime que notre modèle fonctionne, c’est que nous sommes encore là, certes moins nombreux (mais eux aussi), et que nous dégageons également des revenus.

Ce n’est pas facile tous les jours, nous le savons, mais nos exploitations familiales ont du sens et ont entièrement leur place dans le monde de demain.

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