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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / Coupable ou victime ?

Coupable ou victime ?

Nous voici plongés dan la 3e édition d’abattages suivis de vide sanitaire dans notre département et cela en à peine 5 ans.
Beaucoup a été fait en termes de formation à la biosécurité pour les éleveurs. Ceux-ci ont modifié (je devrais dire amélioré) leurs pratiques, des sas sanitaires ont été installés, des analyses avant déplacement des PAG effectuées (20 par lot que le lot soit de 500 ou de 20 000 ; suivez la logique !). Certains ont même investi lourdement pour mettre des canards à l’abri et pouvoir continuer à travailler (leur disait-on).
Coupable ou victime ?

Serge MORA, président du Modef des Landes

Malgré tout cela, patatras. Tout s’écroule et depuis un peu plus de deux semaines, l’épidémie explose à tel point que l’espoir de sauver l’Est du département s’est évaporé et qu’aujourd’hui le Gers et les Pyrénées-Atlantiques sont touchées. Ce virus extrêmement contagieux, pathogène et très présent dans l’air a parcouru plus de 50 km en 10 jours, soit bien plus que les 5 à 10 km hebdomadaires de 2017.

Alors que s’est-il passé ?

Du fait des abattages préventifs, des canards parfois malades ont été mis sur les routes pour aller jusqu’à l’abattoir.

D’après certains (et nous n’en faisons pas partie), la claustration des animaux n’a pas été suffisamment rapide après les premiers cas avérés dans le département.

Et pourtant, malgré la mise sous abri chez certains (nous avons reçu des témoignages), cela n’a pas suffi puisque la mortalité s’est rapidement installée et parfois très violemment.

Notre élevage avec des canetons de 3 semaines en bâtiment de démarrage a été touché avec une forte mortalité. La bande âgée de 6 semaines en extérieur était très nettement moins affectée et celle des 9 semaines très peu atteinte (0,2%). Les canards de 12 semaines, pas du tout. La question que je me pose est la suivante : qui a contaminé qui ? Ceux confinés contaminent certainement ceux en extérieur puisque la mortalité à l’extérieur a démarré 6 jours après son apparition dans la bande en démarrage.

Ces observations faites ici et là soulèvent en fait de nombreuses questions et bien des engagements pris en 2017 n’ont pas été respectés.

Qu’en est-il du « zoning » qui devait être pratiqué, quitte à mutualiser les PAG entre entreprises pour limiter les distances parcourues ?

Que sont devenues les promesses de désitensifier la production durant la période de migrations des oiseaux sauvages ?

On nous dit aussi qu’il ne faut pas opposer les modèles et les producteurs mais à la lecture du communiqué de nos collègues du CDJA ou de la FDSEA, on peut se demander qui est en train de jouer avec le feu. En effet, ils réclament tout simplement de moduler les indemnisations selon le degré d’observance de la biosécurité.

Autrement dit, pour illustrer leur propos, celui qui aurait fumé et atteint aujourd’hui d’un cancer du poumon aura droit à un paracétamol mais pas à des soins en cancérologie.

Idem pour celui qui boit, celui qui ne porte pas le masque ou n’aurait pas respecté les gestes barrières par temps de covid : pas de soins, tout juste un doliprane et au lit !! Vue comme cela, l’unité paraît compromise !

Enfin, pour ne pas être trop long car nous avons des observations, des appuis, des arguments à faire valoir avant de claustrer des animaux et ainsi risquer fortement de perdre une clientèle attachée à la qualité des produits des canards plein air, je vais vous parler de la Chalosse.

La Chalosse montrée du doigt, vilipendée car beaucoup de canards sont en liberté est désignée coupable. Or, n’oublions pas que, en 2017, le virus est arrivé par l’Est avec un camion. D’ailleurs, à ce sujet, les poursuites judiciaires ont-elles disparu ? En 2021, l’épidémie est arrivée par le Sud-Ouest suite à une utilisation détournée de la dérogation. Or, une fois le virus transporté par des migrateurs à roues sur notre territoire chalossais, l’explosion est inévitable !

D’après le professeur VAILLANCOURT, ce territoire devrait être considéré comme une seule et unique entité sanitaire.

Nous voici donc confrontés à une crise majeure, sans certitude sur le montant des indemnisations et la prise en compte du manque à gagner, garants de la reprise. Notre modèle de production est menacé alors que l’Amérique du Nord veut s’en inspirer. De nombreux intervenants dans la filière veulent nous contraindre à investir pour mettre dedans alors que -je cite- « le plein air est le socle de notre production ».

J’avais dit en 2017 que la bataille serait rude pour garder le plein air, le combat sera en effet très rude mais il n’y a de combat perdu que celui qu’on ne mène même pas.

Courage et défendons-nous !

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