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DE QUOI AVEZ-VOUS PEUR MESSIEURS ?

Le renouvellement générationnel de la profession agricole est un sujet en pleine actualité au vu des nombreux départs à la retraite d'exploitants agricole dans les années à venir. Cette réalité fait de la question sensible de la transmission un enjeu majeur pour l'avenir des exploitations sur notre territoire.
DE QUOI AVEZ-VOUS PEUR MESSIEURS ?

Le sujet éminemment sensible de la transmission de vos exploitations doit être évoqué, et ce, bien avant votre départ en retraite. Pourquoi cette interpellation, me direz-vous ? Parce que vous êtes presque 30 % des actifs agricoles à avoir une soixantaine d’années et que vous êtes majoritairement des hommes en tant que chefs d’exploitation. 

Fini le temps où l’aîné de la famille devait reprendre les terres, aujourd’hui ce sont vos filles, vos neveux, cousins, ou des jeunes non issus du milieu agricole qui veulent s’installer. 

Nous le savons, chaque installation entraîne un changement sur l’exploitation et souvent quelques conflits : cela s’appelle le conflit générationnel ! En plus, je pense que vous savez de quoi il est question ! Il y a quelques années vous étiez à notre place, et quelques engueulades mémorables sont encore dans vos souvenirs : vous êtes la génération qui a contribué à la modernisation des exploitations, donc lorsque vous avez annoncé l’arrêt des vaches sur la ferme, l’achat d’un andaineur plus grand, où d’un tracteur plus puissant etc. on vous a pris pour un fou et vous avez passé quelques jours sans avoir le son mais que l’imagine comme on dit ! Ce que je veux pointer du doigt avec ces quelques exemples, c’est le fait que vous aussi vous êtes passés par des situations compliqués et difficiles et que la transmission en famille engendre aussi beaucoup de remise en question pour le binôme classique père/fils. Alors quels freins reste t’il afin d’accueillir sur votre exploitation un jeune que vous ne connaissait pas, ou peu ? Je n’ai pas les capacités, ni la prétention de répondre à cette vaste question, mais je crois que pour demain, pour l’avenir de l’agriculture elle sera essentielle.

De plus, on voudrait nous faire croire en permanence, et on nous l’impose petit à petit, que seule une installation classique, avec un diplôme, achat de terres et une bonne couche d’investissements, est viable et pérenne. Grâce à un discours bien rodé de la Fnsea et des Ja, seul  les « vrais » agriculteurs professionnels, avec un business plan et une « vraie » volonté de travailler la terre pour faire du rendement sont légitimes à l’installation ! Le nouveau Sdrea de Nouvelle-Aquitaine traduit entièrement ces aspects pour la priorisation des jeunes à l’accès au foncier, ainsi que sur les critères de départages entre agriculteurs. Soit dit en passant, j’ai du mal à concevoir qu’en 2021, même les critères de définition de viabilité d’une exploitation restent des critères de superficie. Si vous avez 80 ha de maïs, vous pouvez vivre, le statut-co, arrange bien la Fnsea sur ce point, ainsi que l’administration qui se voyait mal étudier la comptabilité des agriculteurs, avec le peu de moyen qu’ils possèdent. La réforme de la Dja de 2022, ainsi que la réforme Pac, visent également à défendre un modèle qui installera des « vrais agriculteurs », tout en sachant que l’État réduit ses budgets vers l’administration territoriale, en transférant la compétence de l’installation de la Ddtm à la Draaf.

En disant cela, on occulte donc le fait qu’il y a urgence dans une France qui doit retrouver une sécurité alimentaire, et ne pas perdre son identité agricole qui est, je le rappelle, un maillage des exploitations sur le territoire, une diversité des productions avec une surface moyenne d’une cinquantaine d’hectares et donc encore facilement transmissible. Nous avons la chance dans notre département d’avoir des exploitations de petites et moyennes tailles, avec une diversité culturale. Ces exploitations, ce sont les vôtres, avec tout ce que vous avez pu leur apporter et ce dont elles ont pu vous nourrir, entre joie et peine, entre bonheur et dureté, mais demain elles seront l’outil, et le projet de vie d’une nouvelle génération.

La transmission est un sujet sensible car elle touche à l’affect, à votre rapport à la terre, avec une vision encore très conservatrice, où la terre doit nous appartenir de génération en génération. Mais la terre est aussi un bien commun, certes elle est marquée par une histoire, où des luttes ont été menées et le sont encore dans une grande partie du monde, mais aujourd’hui des jeunes veulent se réapproprier un modèle agricole qui a du sens. Faites leur une place, formez les, accompagnez les, aiguillez les, afin que cette génération qui n’a pas grandi dans la campagne puisse continuer à nourrir les hommes.

 

Mélanie MARTIN, Présidente de la Fdja-Modef

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