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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / De la semence au pain

Informations agricoles

De la semence au pain

Comme en témoignent nos travaux en cours sur les blés, ce titre pourrait tout aussi bien être l'intitulé d'une des thématiques de l'Alpad (association landaise pour l'agriculture durable). C'était aussi un des sujets de l'émission de Cash Investigation présentée par Élise LUCET et qui avait pour titre « Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes ».
De la semence au pain

Eric Labaste, président de l'Alpad

Cette émission du 18 juin dernier nous a montré le monde et le business des semences. En première partie : les tomates produites en serre. On y voit de belles tomates en bâtiment sur-pressurisé poussant sur un support en laine de roche. L'intervenant explique tout le bien de ce mode de production : pas ou peu de parasites, économie d'eau et d'engrais et, en plus, une production de mars à novembre. Tout ceci se déroule en Bretagne, première région productrice de tomates françaises...Tout ceci serait parfait si les reporters n'avaient pas pointé du doigt deux problèmes : quelles semences donnent ces tomates si parfaites et quelle est la qualité de la production ?

Les tomates produites sont issues de semences hybrides. Dans les années 2000, les chercheurs ont sélectionné un gène retardant le mûrissement et permettant de répondre à toutes les attentes des industriels et distributeurs. Les fruits supportent maintenant le transport, la mise en rayon et un temps de vente assez long. Mais, l'effet pervers de ce gène est qu'il détériore le goût et bloque l'assimilation des nutriments.

En effet, les analyses des tomates montrent que la qualité nutritionnelle a beaucoup diminué. En prenant les valeurs des années 1970 et les données de l'ANSES, les journalistes montrent que les teneurs en vitamines, calcium et autres éléments ont baissé de moitié.

Toutefois, lors d'une formation organisée par l'Alpad il y a quelques jours, l'intervenant nous a rappelé que les nutriments assimilés par les plantes sont la conséquence de 3 facteurs : la variété, l'environnement (comprendre les pratiques culturales) et l'interaction entre la variété et l'environnement. Incriminer seulement les semenciers s'avère donc un raccourci facile. La faute de la perte de qualité nutritionnelle incombe également aux producteurs, et donc à l'agriculture industrielle.

Pour étayer ce propos, les reporters ont réalisé une comparaison entre des tomates cultivées en plein champ et issues des semences paysannes et des tomates produites sous serre en conditions contrôlées. Résultat : la tomate paysanne a de meilleures valeurs nutritionnelles.

L’émission se poursuit avec le blé. Comme les tomates, le blé a subi cette industrialisation. Pour répondre aux besoins des industriels, les blés contiennent davantage de gluten, difficilement digestible, provoquant des intolérances. Ces blés sont, comme les tomates, élaborés et contrôlés par les semenciers. Pour pouvoir être vendues, il faut qu’ils soient inscrits au catalogue officiel des semences. Chaque inscription a un coût que seuls les semenciers peuvent payer. Une structure, le GNIS (groupement national interprofessionnel des semences et plants) veille au grain. Le poids des firmes semencières est aujourd'hui considérable. Elles sont aussi productrices de chimie, elles contrôlent toute la filière agricole et accumulent des profits énormes. En 100 ans, 75 % des variétés cultivées ont disparu. L'agro-industrie n'a pas réussi à résoudre le problème de la faim dans le monde. L'élimination des fermes se poursuit : Par exemple, en Pays d'Orthe et Arrigans entre 2000 et 2015, le nombre d'exploitations agricoles est passé de plus de 600 à moins de 250. De nouvelles maladies sont apparues. Et le dérèglement climatique s’accélère. Pour conclure, j'en reviens à l'Alpad. Les travaux que nous menons actuellement sur les semences paysannes montrent qu'un autre système est possible. Même s'il est évident que nous n'avons pas le poids de l'agro-industrie, nous pouvons compter sur les changements de consommation. En reprenant la main sur les semences, nous proposons des produits de qualité et nous sélectionnons des variétés adaptées à nos territoires et au changement climatique. Les semences paysannes sont également un levier pour maintenir des paysans nombreux dans nos campagnes. Adishatz

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