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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / Et maintenant ?

Et maintenant ?

Nous entendons souvent dire que les syndicats ne font rien ou pas assez pour défendre la production de canards et volailles. « Personne ne nous défend », « On ne parle jamais du vaccin », etc. sont des phrases qui nous reviennent aux oreilles ou lues sur les réseaux sociaux…
Et pourtant, s’ils savaient l’énergie et le temps mobilisés pour essayer de garder une production et un système qui ont fait vivre de nombreuses petites exploitations qui n’auraient pas survécu sans ceux-ci.
Et maintenant ?

Serge MORA, président du Modef des Landes

Faut-il rappeler ici l’obtention de la dérogation de 3 200 PAG élevés en plein air, fruit d’une âpre bataille face à un système dominant qui n’en voulait pas. Ce fut le combat du Modef et de la Confédération paysanne, ne n’oublions pas !

Concernant le vaccin, ceux qui étaient au rassemblement du 7 octobre 2017 à Castelnau-Chalosse ont pu entendre l’appel que j’avais lancé pour que la voie vaccinale soit explorée. Et je me souviens très bien de la manière dont notre proposition (de la commission gras du Modef) a été balayée d’un revers de main par un dirigeant d’entreprise engagé dans le Label rouge sous prétexte de la nécessité d’exporter. J’avais d’ailleurs suggéré de produire moins pour honorer le marché français, quitte à exporter peu ou pas. Mais « le toujours plus » a encore triomphé.

Aujourd’hui, un peu plus de trois ans après, nous en sommes au même point que pendant l’hiver 2016/2017.

Certains se sont allègrement assis sur l’engagement de réduire les transports, beaucoup ont détourné l’utilisation de la dérogation des 3 200. Et, ainsi, la production s’est encore concentrée car, pendant que certains écoeurés jetaient l’éponge, d’autres se jetaient à corps perdus dans une croissance démesurée à grands coups d’investissements soient disant gages de sécurité face au virus.

Nous avons bien vu que les bâtiments n’ont pas protégé de la propagation du virus. La densité d’élevage, la contagiosité et la pathogénicité du virus 2020 ont rayé la production locale de la carte.

Alors, pour sortir de ce mauvais pas, le Cifog et le syndicalisme majoritaire veulent imposer la mise à l’abri (disons claustration, on comprendra aussi bien) des canards du 15 novembre à au moins début janvier. Ils nous proposent aussi la réduction des volumes en hiver mais surtout, en filigrane, il faut comprendre la réduction du nombre d’éleveurs.

Et il est très inquiétant d’entendre le président du conseil d’administration du Cifog féliciter les accouveurs qui refuseront de livrer des canetons aux producteurs ne pouvant confiner leurs animaux !

De même, quand je défends le plein air et les décennies passées sans problème avec les systèmes autarciques, un administrateur producteur fustige notre irresponsabilité vis-à-vis des autres producteurs (canards ou volailles). Pourtant, la cohabitation a bel et bien existé pendant ces années-là.

Et quand on évoque l’augmentation des coûts de production à compenser par des revalorisations de prix, on me répond que l’effort a été réalisé en 2017. Circulez, il n’y a rien à voir.

Quant au vaccin, examiné enfin comme une solution, malheureusement, de nombreux obstacles restent à franchir : autorisation de la Commission européenne, autorisation de mise en marché, adaptation à la souche du virus en circulation, coût et enfin, discussion à l’OIE* pour permettre l’exportation. Ce qui semblait hier inconcevable apparaît possible car beaucoup de pays réclament la possibilité de vacciner. Et parmi eux, les Pays Bas qui ne sont pourtant pas réputés pour la pratique de l’élevage en plein air !

Quoiqu’il en soit, la défense de l’élevage plein air s’avère ardue malgré la demande sociétale de bien-être animal.

De plus, certains n’ont aucun scrupule à baptiser « en plein air » un canard sous label rouge ou IGP qui aura vécu dans un bâtiment !

L’intensification de la production est plus que jamais en marche. Si l’on persiste dans cette voie, je crains fortement que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Malgré la succession de crises, certains ne se remettent pas en cause. Et comme l’écrivait Albert EINSTEIN : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».

En attendant, soyez assurés que le Modef travaille à trouver des solutions !

 

* - Organisation mondiale de la santé animale

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