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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / L'eau mais pas que !

L'eau mais pas que !

Notre congrès du 15 mars à Cassen (14 h) aura pour thème « L'eau, enjeux en termes de qualité ». En effet, nous débattrons des problématiques de qualité de l'eau potable avec Francis BETBEDER, président d'Emma et Vincent LESPERON au titre du Sydec. Comme vous le savez, l'agriculture et l'utilisation des pesticides sont souvent pointées du doigt par rapport à la dégradation chimique de la qualité de l'eau.
L'eau mais pas que !

Et, nous ne pouvons pas réfuter la présence de molécules dans l'eau dont certaines -comme l'atrazine- sont interdites depuis plusieurs années déjà. Les phénomènes de percolation dans le sol sont complexes car variables bien sûr en fonction de la nature du sol, de la profondeur des nappes aquifères, de la propension d'une molécule à être dégradée ou fixée.

Derrière cela, évidemment, c'est l'agriculture conventionnelle qui est désignée responsable. Et je pense que l'on ne peut nier le rôle des pratiques agricoles intensives. Toutefois, il faut apporter un bémol et cesser de culpabiliser les agriculteurs.

En effet, tous les produits qu'ils utilisent ont reçu une autorisation de mise en marché (AMM). Donc, la toxicité de ces produits a été soit mal évaluée, soit contournée. Pourtant des organismes officiels tant au niveau européen que français sont chargés de ces évaluations. Cela laisse planer le doute sur leur réelle indépendance et il est regrettable que des scientifiques ne puissent avoir un avis clair, net, issu de recherches fiables.

Car, si le problème de l'eau nous pose à nous, paysans, des soucis sur l'utilisation de telle ou telle molécule, dans d'autres secteurs de l'économie, il n'en est pas de même.

Par exemple, l'agroalimentaire, les vêtements, les médicaments, les équipements médicaux et cosmétiques... utilisent quotidiennement des produits chimiques classés comme cancérogènes, des allergènes, des mutagènes ou des perturbateurs endocriniens.

C'est le sujet d'un livre « Toxiques légaux » du chercheur Henri BOULLIER. Dans cet ouvrage, il aborde la façon dont les firmes chimiques ont mis la main sur le contrôle de leurs produits.

Il existe à l'échelon européen un règlement REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques). Son fonctionnement impose aux industriels une procédure d'enregistrement de leurs molécules dont ils sont obligés de fournir des données scientifiques précises afin d'accéder à la procédure d'autorisation. Or, paradoxalement, cela peut déboucher sur leur interdiction.

Le livre « Toxiques légaux » démontre comment des molécules connues pour leur toxicité sont utilisées depuis parfois des décennies car bénéficiant de dérogations au titre d'une « compétitivité des entreprises » qui prime sur toute autre considération.

Il cite le cas du DEHP, phtalate vieux d'un siècle, identifié comme toxique depuis les années 60, classé comme cancérogène probable ou possible (comme le glyphosate), puis perturbateur endocrinien dans les années 2000. Or, ce produit est utilisé dans l'emballage des volailles, du beurre.... sans oublier son utilisation dans les jouets, les câbles électriques, les rideaux de douche et même les poches à sang ou les équipements de dialyse.

Alors mon propos n'est pas de dire « Cessez de nous embêtez avec nos produits chimiques car ailleurs c'est pareil, sinon pire ». Se cacher derrière les péchés des autres n'est pas une attitude responsable.

Mais il faudrait que les pouvoirs publics, les agences d'évaluation soient dans la même exigence de rigueur et de recherche de solutions vis à vis de l'industrie chimique que vis à vis de l'agriculture.

Nous sommes prêts à travailler pour réduire nos pollutions mais nous avons besoin d'appuis de toutes sortes (techniques, financiers...) car nos moyens n'ont rien à voir avec ceux de l'industrie.

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