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L'édito qui titille !

Aujourd’hui je souhaite vous « titiller » un petit peu, en suscitant la réflexion et le débat sur les néonicotinoïdes. Le but n’est pas d’alimenter les clivages entre agriculteurs bios et conventionnels mais réellement de poser le débat sur le modèle agricole car c’est bien là le sujet.
L'édito qui titille !

Mélanie MARTIN, présidente de la FDJA-Modef des Landes

Vous le savez, l’utilisation des pesticides a permis l’évolution de l’agriculture, et notamment de répondre aux besoins alimentaires mondiaux. Mais, au-delà de ces aspects, des mécanismes vicieux se sont mis en place afin d’insérer l’agriculture dans l’économie capitaliste et de concentrer le pouvoir entre les mains de quelques entreprises multinationales. Ces firmes associées aux entreprises de l’agroalimentaire exercent du lobbying auprès des États. Elles s’entendent pour produire des discours (les fameux « éléments de langage ») en direction du monde agricole qui devrait rester « uni » afin de nourrir le monde…

Or le problème vient de ce lien étroit entre agro-fournitures et agroalimentaire, de cette politique agricole qui dérégule (suppression des quota betteraviers).

Pourquoi produisons-nous autant de betteraves sucrières en France ? Pour rester leader d’un marché qui alimente la mal bouffe ! Hé oui, nous avons besoin de tout ce sucre afin d’enrichir les plats cuisinés, les gâteaux et autres gadgets industriels que mangent les citoyens et nos enfants.

De plus, en 2020, nous connaissons bien les conséquences sanitaires dans les pays qui consomment le plus de sucre : obésité, maladies cardiovasculaires et aujourd’hui surmortalité face au virus.

La question est donc la suivante : Devons-nous encore aujourd’hui, tout en connaissant l’impact sur la santé publique, continuer à produire plus sur un marché orienté par la recherche de profits et en utilisant toujours plus de substances nocives ?

J’ose aller encore plus loin dans la réflexion, prenant le risque de vous hérisser le poil ! Devons-nous encore aujourd’hui continuer à produire du maïs, dont le prix est catastrophique, avec des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et dont une grande partie est destinée à l’élevage intensif ?

Le maïs n’a de sens que quand nous regagnons en autonomie alimentaire dans nos exploitations de polyculture-élevage. Ça y est, vous êtes bien « titillés » ???

Je sais pertinemment que des centaines d’emplois sont à la clé et que l’économie landaise s’est construite autour de cette activité agricole mais je sais également que nous devons entamer une transition pour notre agriculture. La reprise des petites et moyennes fermes permettrait également la création de nombreux emplois directs et indirects et nous devons ensemble édifier les fondations de l’agriculture de demain.

L’autre point qu’il faut souligner, c’est le manque réel de volonté de financer la recherche publique afin de trouver des solutions pour les agriculteurs. Les multinationales n’ont aucun intérêt à mettre au point des solutions (hormis de nouveaux produits) et l’on comprend bien pourquoi. Quant aux coopératives et négociants agricoles, leur modèle économique est tellement basé sur l’activité de vente des produits phytos et des produits agricoles qu’il leur est contreproductif d’impulser un changement.

Pour conclure cet édito, je souhaite revenir sur ce terme de « mal bouffe » qui n’est plus guère très employé. En tant qu’agriculteurs, nous devons nous le réapproprier car, derrière cette expression, se cache une mécanique économique libérale impitoyable : pollution, problèmes sanitaires et l’élimination d’un grand nombre d’agriculteurs en raison de la faiblesse du revenu agricole dégagé au sein de ce type de développement industrialisé.

Malgré la tentative de récupération du concept de souveraineté alimentaire par certains, nous n’avons toujours pas réussi à enrayer la faim dans le monde. Et sans avoir besoin d’aller jusqu’en Afrique, depuis la crise de la covid, les associations de distribution d’aide alimentaire, qui voient leur nombre de bénéficiaires exploser, continuent (non par choix) de distribuer des produits majoritairement issus de l’agriculture industrielle et de l’agro-alimentaire, avec beaucoup trop de sucre !

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