lun 06 avril 2020
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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / Paradoxal système

Paradoxal système

Ce titre tiré d'une chanson de Laurent VOULZY résume bien l'actualité des derniers jours car, dans le même temps, nous voyons et entendons tout et son contraire.
Je citerai en premier lieu le coronavirus et ses conséquences.
C'est ainsi que la dernière journée du salon de l'agriculture a été annulée alors que les journées précédentes se sont normalement déroulées.
Paradoxal système

Serge MORA, président du Modef des Landes

C'est, paraît-il, la journée la plus fréquentée mais pourquoi a-t-on laissé jouer un match de foot Lyon-Turin quelques jours auparavant ? A-t-on fermé les gares et les aéroports pour empêcher les derniers vacanciers de partir aux sports d'hiver ou aller dans les parcs d'attractions genre Disneyland ?

Nous avons appris également la fermeture des marchés du département de l'Oise alors que les grandes surfaces sont prises d'assaut par certains qui font des stocks « au cas où ». Vive la grande surface au détriment du maraîcher local !

Enfin, concernant toujours ce fameux coronavirus, nous nous apercevons aujourd'hui que nous sommes dépendants des usines chinoises pour de nombreux produits (électronique, pièces détachées...) et même les médicaments. Comment peut-on se prétendre une grande puissance (on possède la bombe atomique n'est-ce pas !) et être dans l'incapacité de fournir à sa population les molécules nécessaires à sa santé. La "mondialisation heureuse", vantée par Alain MINC en son temps, a certainement beaucoup enrichi quelques-uns et un peu tous les autres. Mais, aujourd'hui, nous touchons du doigt les limites du système. Nous voyons bien la nécessité de relocaliser certaines activités. Il en va de notre indépendance et tant pis si les profits de certains multinationales en pâtissent, le bien commun est primordial.

Ensuite, le Sud Ouest dimanche du 8 mars présente un dossier sur la viande artificielle dont la fabrication, censée soulager voire supprimer la souffrance animale, aiguise surtout les appétits financiers de quelques firmes.

Et ces techniques sont loin de faire l'unanimité car elles posent beaucoup de questions pour la santé humaine tout en ayant des besoins énergétiques très importants pour leur mise en œuvre.

Or, un des arguments souvent avancés par les auto-proclamés défenseurs de la nature et des animaux est la consommation d'énergie et d'eau pour produire de la viande à partir d'animaux.

Dans les actualités de la France Agricole du vendredi 6 mars, on peut lire les résultats d'une étude belge sur les gaz à effet de serre (GES) émis par un élevage bovin allaitant à l'herbe. La FAO (organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) qui chiffre la contribution de l'élevage bovin viande à 14,5 % des GES se base sur le système le moins vertueux (feed-lots). En revanche, l'étude belge se base sur un système avec pâturage. Au bout de neuf ans d'étude, les chercheurs montrent que la nature absorbe plus de carbone qu'elle n'en émet. En plus de la production de viande, un hectare de prairie absorberait le carbone émis par une voiture roulant entre 15 000 et 45 000 km/an (selon les années). Nous pouvons constater toute l'ambiguïté des informations données par certains.

Nous retrouvons aussi une certaine ambiguïté dans le fonctionnement du syndicat agricole majoritaire dont une enquête de Mediapart1 révèle les travers.

Nous y apprenons les rémunérations indécentes des dirigeants ainsi qu'un mode de financement pas très transparent.

C'est ainsi que tous les employeurs de salariés agricoles cotisent obligatoirement à un fonds par l'intermédiaire de la MSA. Les subsides issus de ce fonds s'en vont alimenter les caisses de la Fnsea.

Là encore un paradoxe entre une posture de défense de la profession et des actes peu en rapport.

Nous voyons bien au travers de ces exemples comment on peut manipuler l'opinion. On fait semblant de défendre une agriculture de proximité, familiale, des pratiques vertueuses et, en réalité, tout est fait pour privilégier le capitalisme le plus débridé.

À nous d'ouvrir l’œil et de chercher l'info (et la bonne !).

1 - Enquête et articles d'Amélie Poinssot.

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