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Accueil MODEF / Informations agricoles / Les éditos / L'édito de la semaine / Quelle Europe demain ?

Quelle Europe demain ?

Le dimanche 26 mai auront lieu les élections au parlement européen. L'enjeu est important car il conditionne les orientations politico-économiques de l'Union européenne.
Le Président MACRON s'exprimant récemment sur le sujet a dit que les gens voulaient une Europe protectrice. Le désamour vis à vis de l'Europe s'expliquerait par le fait que bon nombre de protections sociales sont mises à mal par l'ouverture des frontières et des marchés.
Quelle Europe demain ?

Serge Mora, président du Modef des Landes

Évidemment que l'on ne peut qu'être d'accord avec ces belles paroles mais, comme je reste toujours méfiant, entendre cela dans la bouche d'un ancien banquier disciple convaincu du libéralisme me laisse perplexe.

Et les preuves ne manquent pas pour étayer les doutes sur un changement éventuel de doctrine économique par les autorités européennes.

Tout d'abord, l'Europe continue à signer des traités de libre échange avec les autres puissances économiques. L'accord avec le Canada (CETA) est entériné. Les négociations avec le Mercosur se poursuivent. Autant dire que les années à venir seront compliquées pour les éleveurs de bovins viande.

Un autre exemple vient illustrer cette volonté (suicidaire pour les producteurs européens) de développer les échanges internationaux. En effet, cette semaine la chaîne de télévision France 2 a diffusé un reportage sur les producteurs d'oranges en Espagne poussés à la faillite par l'importation à bas prix d'oranges produites hors UE.

La région de Valence, avec 140 000 ha d'orangeraies, voit les vergers non ramassés ou les orangers tronçonnés car les producteurs perdent de l'argent à poursuivre l'activité.

Aujourd'hui, les sucreries ferment à tour de bras dans le Nord de la France car le cours du sucre s'effondre. Il y a à peine deux ans (en 2016), la CGB (confédération générale de la betterave) prédisait un avenir radieux à ses producteurs car la demande en sucre explosait à l'échelle mondiale. Patatras, l'Inde a augmenté considérablement sa production de sucre devançant ainsi le Brésil. La Thaïlande a également libéralisé sa production, ce qui promet des jours difficiles comme dans toute production non régulée (voir le lait depuis la suppression des quotas).

Le printemps 2019, compliqué aux États-Unis (froid puis des pluies incessantes) fait faire le yo-yo aux cours des céréales à Chicago qui, comme on le sait, font référence au niveau mondial. Forcément, cela aura un impact sur les cours du blé, maïs et soja... Dans ces conditions, comment établir un assolement ? Quelles prévisions financières établir ?

Ces diverses interrogations montrent bien les incertitudes qui attendent les agriculteurs. L'Europe peut vraiment servir de bouclier pour protéger ses citoyens, mais à cela il faut un préalable indispensable : cesser de croire aux vertus du libre échange. Non, « la main invisible du marché » ne peut pas résoudre les problèmes. Au contraire, elle accentue les inégalités et les injustices en appauvrissant les plus faibles pour le plus grand bénéfice des grandes sociétés de commerce international et leurs traders.

Alors, oui, le vote pour les européennes est important et surtout il faut bien choisir sa liste pour qu'une autre politique émerge enfin. Car sinon, le populisme qu'on prétend combattre ne fera que se développer.

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